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mercredi 1 juin 2016

Nom de Dieu, ça existe.

C'est, à la virgule près, les mots qui se sont échappés de ma bouche, dans un souffle étouffé, à 7h15 du matin environ, le 31 mai 2016 (hier matin, quoi). Ce jour là, j'ai découvert quelque chose que j'avais jusqu'alors toujours pensé impossible : Turok a été publié en VF.
Si.

LÀ ! Avril 72 c'est écrit !

J'avais cherché, il y a quinze ans, dans les balbutiements du net, avant même l'âge de Google, l'existence d'une telle chose. Quelques vieilles connaissances bibliothécaires bédéphiles m'avaient bien parlé de quelques héros anglophones hors-Marvel/DC publiés par chez nous, tel Judge Dredd chez Artima ou Le Fantôme chez Remparts, mais Turok, non pas.
Résigné, mais pas franchement étonné, j'avais choisi d'importer le chasseur de dinosaures par mes propres moyens. J'ai fait ça pendant quelques années, et quand j'ai eu tout ce que je voulais, le net avait bien évolué et j'ai découvert la magie du scan, puis la folie des rééditions de luxe (il m'a quand même fallu attendre 2010 pour lire le Turok originel ailleurs que son mon écran).
La VF, je n'ai jamais pensé une demi-seconde à profiter de l'évolution du web pour chercher après. J'avais tout en anglais, pourquoi m'embêter ?

Or donc, ce matin fatidique du 31 mai, j'ouvrais un fraîchement défraîchi Spécial Fantôme, avec ce Fantôme rouge qu'on doit aux éditions des Remparts, publié dans le désordre et avec plein d'trous, mais lisible dans la langue de Jul et de Maître Gims (un nom que j'ai sérieusement du googler pour écrire correctement...). Les bouquins des Remparts ne s'encombraient pas de pages inutiles, on ouvrait, y avait trois bêtises sur l'intérieur de couv', et boum, dans le vif du récit. Il y a rarement autre chose qu'un crédit que, fier amateur de vieilles bédés, on connait déjà, et quelques publicités et autopromotions pour les autres publications de l'éditeur de ces joyeuses aventures.
Et là, sur l'intérieur de couverture de mon Spécial Fantôme Nouvelle Série numéro 2 de décembre 1973, la publicité que jamais ne n'aurais cru voir, que je ne pouvais même pas imaginer dans une édition francophone, surtout dans le magazine d'un mec chelou comme le Fantôme.
Cette pub.

Ecrit en gros. Devant moi. Qui m'appelle.

Il m'a fallu vingt-quatre heures pour m'en remettre, mais maintenant que c'est fait et que je sais quoi chercher, j'ai cinq albums et la majorité des dix-huits numéros de la chose, le Turok des origines, en VF, chez Rempart, publié entre 1972 et 77 en jolis fascicules de 34 pages, imprimés flous sur du papier de merde rosâtre et jauni par le temps, en route vers ma bibliothèque.
A l'époque, c'était vendu un franc cinquante. Aujourd'hui, ça m'a coûté beaucoup plus que je n'ose l'avouer. Mais je m'en fous.
Je suis enfance et papillons dans le ventre.

mercredi 11 mai 2016

Jour 10 – Le combat de tes rêves ?

Assurément, ce serait Turok vs Predator. Par un hasard étrange (et un truchement de mon imaginaire), il s'avère que ce combat a déjà eu lieu, ou du moins que la manière dont je l'imagine a déjà une forme.
En 1996, Walt Simonson et Lee Weeks livraient un certain Tarzan versus Predator: At the Earth's Core. Sans compter qu'elle est contemporaine de la version post-vidéoludie de Turok qui me fascinait tant, cette aventure épique et totalement folle représente, transposée dans la géographie burroughsienne, tout ce que je rêverais d'avoir dans une lutte à mort entre l'indien chasseur de dinos et l'alien chasseur de xenos.

Tout.


L'apparition d'une telle bédé à un tel moment se fait presque naturellement, en plus. Les années 90 furent une période assez étrange des comics (j'aurai assurément l'occasion d'y revenir en détail lors de ce questionnaire), où le gimmick régnait en maître. Et outre les couvertures variantes, la star du gimmick bédéphile nord-américain, c'est le crossover. En 1996, Tarzan et le Predator appartenaient tout deux à Dark Horse, avaient leurs petits succès dans leurs coins, et la jungle étant leurs milieux naturels, les réunir coulait pour ainsi dire de source. Son succès engagea même l'éditeur sur le chemin de deux autres crossovers pour le Seigneur de la Jungle, bien plus ambitieux, puisque réalisés en partenariat avec DC Comics (et impliquant les inévitables Batman et Superman).

Si la majeure partie de la production extra-terrestre chez Dark Horse consistait à se faire se taper Aliens et Predators dans une mythologie qui restait encore à inventer, pour Tarzan, l'éditeur, tout en présentant des histoires 100% originales, avait axé sa communication sur une grande fidélité à la continuation burroughsienne, là où les précédentes adaptations séquentielles s'en foutaient éperdument. Le héros des strip n'avait qu'un lointain lien avec le personnage des romans, le Seigneur de la Jungle de Joe Kubert volait solo, et Marvel avait certes réintégré Jane mais réinventait en parallèle un tas de petits trucs qui en faisaient une personnage bien plus ancré dans l'univers de Captain America et Spider-Man. En fait, chaque éditeur avait choisi d'imprimer sa marque sur le personnage et celle de Dark Horse serait de respecter au maximum les univers d'ERB... et de les exploser  à la dynamite créative de l'époque.
Parce que bien sûr, des "histoires 100% originales" dans le contexte bariolé des 90's impliquent forcément leur lot de délicates intentions. Tarzan vs Predator fait ainsi plus qu'honneur à son titre, présentant un scénario violent, rythmé, brutal et décousu. Forte en action mais bourrée de personnages et de sous-intrigues, cette bédé est aussi dense que la jungle qui lui sert de cadre. On suit Tarzan courant de point en point dans une poursuite effrénée à la recherche de ses amis , chaque caillou retourné dévoilant toujours plus d'ennuis et d'ennemis, chaque épisode l'approchant d'un final en forme de carambolage. Un schéma narratif au caractère purement burroughsien (j'ai déjà eu l'occasion d'en parler) qui permet en outre de découvrir jusqu'où chaque héros serait prêt à aller pour retrouver la place qui est la sienne... Et Tarzan ne recule devant absolument rien.

Une autre chose qui rend cette bédé spécialement sauvage, c'est le trait de Weeks qui offre à l'Homme-Singe des allures conaniennes, ce que même John Buscema n'avait pas fait lors du passage du personnage chez Marvel. L'effet étouffant des décors ajoute sans mal à l'impression d'immédiat danger, le plus clair de l'action se passant entre une jungle touffue et une ville-temple aux accents précolombiens très marqués dans lesquels les personnages paraissent à l'étroit, un cadre par ailleurs tout à fait propice au seigneur des singes et aux chasseurs extra-terrestres, mais tout de même bien loin des descriptions des cités troglodytes des Mahars et de l'aride Pellucidar. Conjugué à l'aspect résolument simiesque des Sagoth et au look frazettien des personnages, on se sent en vérité bien plus proche de la cité perdue d'Opar... si ce n'était les dinosaures.
Et on en revient là au propos d'origine de cette longue description : s'il y a bien un lieu qui répond dans mon esprit à la description "Opar avec des dinosaures", c'est les Lost Lands. Quand je vous dis que tout dans cette bédé se prête à en faire le Turok vs Predator de mes rêves... Il ne manque en vérité que Turok. Pas que la présence de Tarzan me gène le moins du monde, cependant, je pense que ce que je présente de cette mini-série ne laisse aucun doute quant au plaisir que j'ai à la lire, d'autant que le lot de personnages connus et l'épaisse continuité pellucidienne qu'elle propose satisfait au plus haut point l'amateur des lieux que je suis.

Et puis bon, comme cette rencontre relève principalement de ma propre fantaisie, il y a évidemment des choses que j'aurais pensé différemment. J'y aurais probablement activement associé Joshua Fireseed et Tal'Set plutôt que de laisser Tarzan courir seul aux trousses de Jane, Innes et Mugambi, mis des fusil lasers dans les mains des natives et coiffé quelques T-Rex de canons dinosoïdes, mais dans l'idée, de la manipulation des Mahars à la furtivité des Predators, il y a dans cette histoire exactement ce que j'aurais voulu voir de l'arrivée des vilains chasseurs de l'espace dans la géopolitique houleuse des Lost Lands : un conflit larvé entre deux opposants séculaires qui s'envenime soudain quand l'apparition d'une troisième force pousse les deux autres à l'assaut frontal.

mardi 3 mai 2016

Jour 02 – Personnage favori ?

Turok.


Et pas d'un peu.
Mélange improbable de western pro-indien, de SF des 90's, de Pellucidar et de la conanerie la plus rustre, ce personnage a eu environ cinquante incarnations, est absolument passionnant à suivre tant scénaristiquement que pour son aventure éditoriale, et est tout simplement mon favori, ever, tous médias confondus.
Evidemment, ayant grandi dans l'explosivité des 90's, mon premier contact avec Turok fut vidéoludique, avec sa sortie sur Nintendo 64. Les magazines les mieux informés précisaient que le personnage était issu de la bande dessinée, et moi, insatiable dinosaurite (j'ai le droit d'inventer des mots) et non moins avide lecteur d'aventures séquentielles, je me demandais où. Je n'avais jamais entendu parler de ce type, et faites-moi confiance, un indien avec un canon laser qui shoote des dinosaures, ça aurait eu bien du mal à passer sous mon radar de collégien d'alors. Je devais avoir ce truc. Imaginez ma peine quand j'ai compris que Turok, c'était only in America. C'est d'ailleurs bien le seul et unique défaut du personnage : aucune de ses apparitions papier n'est arrivée en Europe.

Par contre, la magie du Ternet m'avait aussi appris que le Turok que je connaissais n'était qu'une petite, toute toute petite partie d'un personnage qui avait vécu plus d'une vie. Et quand j'ai eu la monnaie (et le culot) pour m'offrir un pan d'histoire personnelle en VO, j'ai claqué une fortune pour ramasser tout ce que je pouvais sur Turok.
Et je savais très bien quel Turok je voulais : j'ai commencé par celui que je jouais, rassemblant à grand peine la totalité des parutions d'Acclaim Comics (ex-Valiant Comics, je vais y revenir) sur Joshua Fireseed, "le Turok", protecteur des Lost Lands. C'était le personnage du deuxième jeu vidéo, celui de la jaquette du premier (oui, parce que le modèle 3D du jeu n'est pas le même, ne me demandez pas pourquoi), celui auquel je m'identifiais et celui dont l'histoire m'intriguait le plus. Cette idée d'héritage guerrier, ce titre magique qu'on se passe dans la famille depuis la nuit des temps, le monde fantastique qui l'accompagnait, et les dinos-mutants évolués, c'était cool.
Je me suis aussi, à mon grand désarroi, rendu compte que c'était très nul. Une bonne idée ne fait pas nécessairement une bonne histoire et, en pur comic-book de la seconde moitié des années 90, le Turok d'Acclaim était une baudruche au look tapageur mais désespérément creuse en contenu. Pas que j'aie regretté un demi quart de seconde mes achats, mais du coup, j'en voulais plus, et surtout, je voulais mieux.

Chanceux j'étais, je n'avais pas à aller chercher bien loin pour avoir "le vrai" Turok. Avant Acclaim Comics, il y avait donc un éditeur fort intrigant nommé Valiant, créé par Jim Shooter en 1989 et avalé par le géant du jeu vidéo en 1994. Valiant avait couplé quelques idées typiquement early-nineties vaguement inspirées des univers partagés de DC et Marvel (où Shooter avait été scénariste et éditeur par le passé) a une envie rétro tout à fait courante dans les comics : en créant sa boite, Jim Shooter avait récupéré les licences de quelques personnages de chez Gold Key qui avaient fait sa jeunesse, parmi lesquels Turok, Dinosaur Hunter, créé en 1954 et qui, comme son nom l'indique, vivait des aventures préhistoriques dans un monde perdu à la Conan Doyle (que Dark Horse réédita en fantastiques hardcovers entre 2009 et 2012).
Shooter allait filer un bon gros coup de fouet à cet univers et à son personnage, conservant son origine de voyageur temporel involontaire et l'associant donc à d'autres gloires de Gold Key comme Solar, Man of the Atom ou Magnus, Robot Fighter dans une longue lutte pour le pouvoir dans les "Lost Lands", terre miraculeuse à la fois sauvage et futuriste. Turok y est un tueur à la solde de la maîtresse des lieux qui va, peu à peu, se battre pour la liberté de son monde d'adoption avant de retourner dans le sien... enfin, le notre (celui de 1992, s'entend), des siècles après en être parti.
C'est, de très très loin, la meilleure version jamais présentée du personnage, et le point de départ logique de celui d'Acclaim, quand, renommé "Tal'Set, the Valiant One" (un aveugle verrait la référence), il devenait le premier Turok de la lignée des Fireseed.

Finalement abandonné par Acclaim, avec toute sa ligne de comics, le personnage retomba dans l'oubli avant que Dark Horse ne s'essaie, suite au succès de ses Archives, à un revival en 2010, profitant également des autres stars de Gold Key dont Valiant/Acclaim avait laissé choir les droits. Chose amusante, c'est Jim Shooter lui-même qui chapeauta le projet, qui ne dura que quatre petits (et pas franchement bons) épisodes.
Auparavant, en 2008, on avait eu droit à un nouveau jeu vidéo réinventant totalement le personnage comme un bourrin militaire du futur doublé par Thierry Mercier (la VF de Christopher Judge, qui doublait lui-même le méchant du jeu en VO -oui, c'est stupide, mais aussi très rigolo-), et à un film d'animation, tiré du Turok originel et scénarisé par Tony Bedard (dont le principal fait d'arme reste les Exilés chez Marvel).



Dernièrement, c'est chez Dynamite que le personnage s'est illustré, et c'était bien. (Et encore une fois, les copains Solar, Magnus et compagnie de chez Gold Key étaient de la partie, jusqu'à avoir leur série avengeresque rien qu'à eux, le mois dernier. Ces personnages sont décidément inséparables.)

dimanche 10 avril 2016

Silex & sorcellerie


En français, oui, car le roman préhistorique fut bel et bien une spécialité française, notamment dans la littérature d’avant guerre.
J.H. Rosny Ainé, qu'on considère souvent comme le créateur de la science fiction française moderne (contemporain de Wells et Verne), en fut le principal auteur, et si le nom ne dit pas grand chose à tout le monde, il est quasiment impensable que son oeuvre majeure soit inconnue : laissée incomplète par les magazines de l'époque, La Guerre du feu, parue en volume en 1911, est incontestablement le plus grand exemple de fiction préhistorique, voire purement et simplement (et pas seulement grâce au cinéma) une légende de la littérature populaire franco-française. Et à raison, car le souffle aventureux n'a rien à envier aux pulps débridés nord-américains de l'époque ou, pour rester dans l'hexagone, aux romans de capes et d'épées d'un Dumas (n'importe-lequel) d'antan. Mieux, on a pu voir La Guerre du feu autant comme un roman d'aventure que comme une tentative de représentation scientifique d'une époque révolue (d'ailleurs, le roman -et le film par la suite- fut longtemps utilisé dans le cadre scolaire). Là, évidemment, il faut bien prendre en compte qu'on est au début du XXème siècle, avec un paquet de découvertes évidentes pour nous qui restaient encore à faire, mais on a difficilement écrit plus puissant, question imaginaire, pour évoquer la préhistoire sauvage. Ceci dit, je me garderai bien de fournir le moindre détail scientifique ici, d'abord parce que j'n'y connais pas grand chose, ensuite et surtout parce "la fièvre de l'écrivain". J'ai pas titré l'article "...et sorcellerie" pour rien.
Rosny écrit des épopées fantastiques, et s'il indique dans son ouvrage coller au plus près des découvertes des préhistoriens de l'époque, il use bien évidemment d’une marge de manoeuvre bien plus grande que la science ne l’autorisait. Ses hommes de Cro-Magnon côtoient non seulement leurs voisins Néanderthaliens mais également des Pithécanthropes et des hominidés plus primitifs encore.
Rosny était coutumier du fait, puisque son exploration scientifico-fantaisiste, il l'avait commencée dès la fin des années 1880 avec une série de nouvelles écrites en compagnie de son frère (dit Rosny Cadet), et qu'il continuera par la suite. Dans Le Félin géant (1918), par exemple, où l’un des héros arrive à quasiment apprivoiser l'animal-titre pour lutter contre les adversaires de sa tribu. Son dernier roman préhistorique sera Helgvor du Fleuve Bleu en 1929, dont les prémices (un mariage de raison et un sacrifice) sonnent autrement plus pulp que La Guerre de feuSon format quasiment tarzanesque de fuite dans la jungle -en autrement plus âpre, ça reste Rosny Aîné- en fait probablement mon favori du monsieur, et je ne peux m'empêcher d'y voir, notamment dans son traitement des personnages féminins (et puis c'est carrément sous-titré "un roman des âges farouches"), une des inspirations de Rahan (j'y reviendrai).

Bien évidemment, Rosny (collectif ou Aîné seul) n’est pas le seul auteur à avoir écrit des romans préhistoriques à l’époque. Parfois, ils vinrent même directement de la source, à l'image du préhistorien Adrien Arcelin qui s'essaya à l'exercice en 1872 avec ses Chasseurs de rennes à Solutré. La très engagée Renée Dunan (à qui on doit un paquet de pamphlets féministes des années 20 et 30) publia un fantastique recueil en 1926, Magdeleine, dont les nouvelles Le Métal et L'Invention de l'amour offrent une image résolument moderne de l'homme préhistorique, purement aventureuse et socialement critique à la fois, que, là encore, me rappelle énormément Rahan. Si vous n'avez pas peur d'un peu d'érotisme des années folles, Magdeleine fait partie des livres réunis par Les Moutons Electriques dans Le Roman de la fin des hommes l'an dernier (Le Métal y apparaît d'ailleurs dans une version retouchée plus qu'intéressante). Et comment oublier Daâh, le premier homme (1914) d'Edmond Haraucourt ?


"Spécialité française", disais-je, mais, si le genre est proéminent chez nous, n'allez pas non plus imaginer que personne d'autre dans le monde n'a envie d'écrire d'aventures préhistoriques. Il s'avère juste, notamment concernant la fiction américaine, qu'elle s'attache moins à fournir une illustration plus ou moins réaliste ou plausible de la vie de nos ancêtres millénaires que de proposer un cadre suffisamment exotique à pléthore d'aventuriers. Ainsi Edgar Rice Burroughs enverra des militaires perdus en mer sur le continent de Caspak, ou, plus fantastique encore, mêlera préhistoire et théorie de la Terre Creuse (chère à Jules Verne, notamment) pour créer sa Pellucidar, théâtre de nombreuses aventures qu'ira même visiter Tarzan. Auteur d'évasion par excellence, Jack London s'essaiera au genre en 1907 avec Avant Adam. De même, les monstres préhistoriques, les visions de violence et la sauvagerie crue des univers dépeints par Rosny rappellent souvent ceux, plus connus, de l'Âge Hyborien de Robert Howard... Quoiqu'il faudrait plutôt voir l'image dans l'autre sens... Il est intéressant de noter que Rosny a lui-même abordé le thème de la lutte de la barbarie et de la civilisation cher à Howard dans un récit sonnant effectivement très Conan, Ambor le Loup, en 1931, qui a par ailleurs la particularité d'être un des très très rares romans à se dérouler à l’époque gauloise (ce qui me permet de préciser que l'oeuvre de Rosny crée un cycle unique contant l'histoire de l'humanité du paléolithique à cent mille ans dans le futur, qu'on a récemment rassemblé sous le titre La Légende des millénaires, encore une fois chez Les Moutons Electrique -je jure que je n'le fais pas exprès-).

Après cette période faste, la fiction préhistorique s'effacera peu à peu. Le genre n'a jamais disparu, il s'est juste fait (beaucoup) plus discret après la Seconde Guerre, supplanté par la science-fiction interplanétaire et les enfants de l'atome. Aucun auteur majeur ne viendra rendre au récit préhistorique la place qui fut la sienne. Ni aux Etats-Unis ni chez nous, d'ailleurs. La raison principale vient probablement du changement de format de publication, avec la disparition progressive des magazines pulp outre-atlantique et, chez nous, la démocratisation du format poche. A formats différents, récits différents, semble-t-il.


Dans les kiosques, c'est en fait la bande dessinée qui va donner au genre le héros qu’il méritait.
Claude Lecureux et André Chéret vont créer le personnage de Rahan en 1969. Ce chasseur d’une tribu magdalénienne va vivre des aventures échevelées digne des meilleurs pulps. Il va combattre des sorciers maléfiques, affronter des monstres redoutables, rencontrer des tribus aux moeurs étranges. Evidemment, nous sommes là en pleine fantasy, l'aventure prend le pas sur la réalité historique, et c'est précisément cette part de magie qui va rendre le personnage immortel. Rahan a fini par devenir au genre préhistorique ce que Conan est à la sword and sorcery, le héros emblématique.

Quitte à parler de Rahan, je ne peux pas, à nouveau, faire sans glisser de l'autre côté de l'Atlantique où, dès 1953, l'athlétique Tor, créé par Joe Kubert, visitait le monde "d'il y a 10 millions d'années", combattant lui aussi des bêtes anachroniques et des monstres fantastiques. J'ai comme ça le souvenir mémorable, dans sa mini-série de 2008, d'une rencontre glaçante entre le Cro-Magnon muet et une troupe d'enfants difformes sacrifiés à un esprit forestier et recueillis par celui-ci. Sans compter le nombre de fois où Tor assomma un tyranosauroïde non-identifié ou une lochnesserie paléo-imaginaire.
La rencontre homme-dinosaure est un schéma qu'on retrouvera souvent dans diverses ringardises cinématographiques (Raquel Welsh vient inévitablement en tête), mais pas que. Ainsi, tant qu'à parler de dinos, comment ne pas placer deux mots sur Turok, l'originel de 1956, cet indien égaré dans un monde perdu conandoylien. Remarquez, on peut aussi nous la faire à l'envers, avec des mondes futurs apocalyptiques où les monstres préhistoriques et les hommes-singes sont comme par enchantement revenus à la vie, à l'image de L'Ere xénozoïque de Mark Schultz (1986) ou d'Axa, comic strip britannique signé Romero, publié dans The Sun entre 1978 et 86. Même pas besoin d'aller dans le futur, d'ailleurs, 'suffit de voir Ka-Zar bondir dans les pages de Savage Tales et d'explorer la Terre Sauvage avec les X-Men chez Marvel. Mais on s'éloigne du sujet...

Revenons à nos moutons préhistoriques mais restons en Amérique avec un auteur bien particulier.
Alors qu'on lisait Rahan, Jean Auel (prononcez "djin", c'est une dame), attachée aux réalités des découvertes archéologiques de son temps, avait, dès 1980, débuté Les enfants de la terre, une série contant l'évolution de la vie d'un clan à travers les yeux d'un de ses membres adoptifs (et plus évolué). Aux Etats-Unis, la série aura un tel succès qu'elle sera adaptée en téléfilm dans une étrange production de 1986, mais on n'en entendra pas parler par chez nous avant encore quelques années. Trente et un ans près ses débuts, en 2011, sera publié le dernier volet, dont le buzz fit qu'on parla même d'une série télé entre 2014 et 2015. Après le désistement de deux chaînes successives, le pilote ne put jamais être produit, mais l'intérêt, manifestement, était présent.


Retour en France, enfin.

Au court des années 1990, un déclic se produit dans l'imagination de nombreux auteurs (je vous laisse deviner lequel). Les dinosaures et la préhistoire en général étaient de nouveau à la page et on n'hésitait plus à en noircir quelques unes. C'est à ce moment qu'on découvre Jean Auel chez nous et que, surtout, ce type de romans fait peu à peu son retour.
On aura ainsi du mal à rater les élucubrations de Bernard Werber dans Le père de nos pères en 1998, sorte de Da Vinci Code paléologiste aussi fantasque qu'intrigant dans ses passages de reconstitution préhistorique. Pierre Pelot, plus connu pour ses oeuvres SF, écrivait au tournant du millénaire une série de romans préhistorique (aujourd'hui réunis dans une bien pratique intégrale chez Les Mou... ah non, chez Omnibus) qui, si elle s’avère être plus réaliste que tournée vers la fantasy (Pelot est également l'auteur de quelques livres éducatifs jeunesse sur le sujet), n'en conserve pas moins la part de rêve inhérente à la période. Plus proche encore, Timothée Rey publiait en 2014 Les souffles ne laissent pas de traces, un roman policier qui se déroule à l’époque aurignacienne, mais bien entendu, même si tout est rationnel, la préhistoire décrite est assez loin de la réalité historique, ses sociétés secrètes faisant autant écho à celles que rencontre Rahan qu'à celles de polars plus modernes. On est encore dans la reconstruction fantasmée qui était celle de Rosny Aîné mais avec un récit plus cérébral et humoristique. Une suite, La mère des ondes et des crues, est parue en 2015.


Finalement le récit préhistorique a tenu en France la même place que la sword and sorcery dans l’imaginaire américain. Le récit de la sauvagerie, de l’affrontement entre nature et culture, de la réflexion sur la place de la civilisation… Comme son cousin anglo-saxon, il est dommage que la tradition se soit perdue (la haute-fantasy post-Tolkien a tout mangé ou presque), mais il y a, encore et toujours, des irréductibles qui s'y perdent, parfois.
D'ailleurs, j'y retournerai moi-même pour donner une suite à cet article, pour sûr. J'y détaillerai un poil ce qui fait de Rahan un personnage si important pour le genre (au cas où le fait de l'avoir citer quarante fois ici laisserait le moindre doute), placerai assurément un mot ou deux sur Roy Lewis, fantastique conteur jeunesse, et il faut aussi que je vous parle de Korg et Naza, deux ersatz de Tor des fifties ringards à souhait, et de plein d'autres trucs. Oh oui, plein d'autres trucs.

jeudi 6 mars 2014

...et Turok

Le #1 de mon top séquentiel fut "Turok, Turok, Turok et Turok."

Depuis le mois dernier, il faut y ajouter Turok, jeune indien du XIIème siècle façon Dynamite Entertainment, et premier élément de leur "Golden Key Universe". L'éditeur, spécialiste de la vieille licence, s'est offert les titres Gold Key que Dark Horse, sous la houlette de Jim Shooter, avait essayé de revitaliser en 2010 : Magnus Robot Fighter, Solar Man of the Aton et, donc, Turok Dinosaur Hunter.
Shooter avait déjà usé de ces noms avec un certain succès chez Valiant au début des années 90 et, suite à leur échec chez Dark Horse (où ils étaient accompagnés de Mighty Samson), nombreux étaient ceux qui se demandaient si Valiant n'allait pas à nouveau s'offrir ces personnages phrases des 50's. Finalement, ce ennième revival se fera chez Dynamite et dans un univers qu'on suppose commun.. Du moins, si les temporalités ne se croiseront probablement pas, c'est ce que laisse entendre le nom de "Golden key universe".
Annoncé en octobre dernier, la ligne comprenait Turok par Greg Pak (Planet Hulk), Magnus par Fred Van Lente (Incredible Hercules, Archer & Armstrong) et Solar par Frank Barbière (Five Ghosts)... Et aussi l'obscur Doctor Spektor par Mark Waid (Kingdom Come, Fantastic Four).
he line will be edited by former Marvel editor Nate Cosby, and he’s got a pretty fine collection of writers to work with. Mark Waid will be penning the new Doctor Spektor series, Greg Pak will write Turok, Fred Van Lente will take the reins of the Magnus series and Frank Barbiere will handle Solar.

Read More: New Turok, Magnus, Solar And Doctor Spektor Comics Coming From Dynamite In 2014 [NYCC 2013] | http://comicsalliance.com/turok-magnus-solar-doctor-spektor-comics-dynamite/?trackback=tsmclip
he line will be edited by former Marvel editor Nate Cosby, and he’s got a pretty fine collection of writers to work with. Mark Waid will be penning the new Doctor Spektor series, Greg Pak will write Turok, Fred Van Lente will take the reins of the Magnus series and Frank Barbiere will handle Solar.

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he line will be edited by former Marvel editor Nate Cosby, and he’s got a pretty fine collection of writers to work with. Mark Waid will be penning the new Doctor Spektor series, Greg Pak will write Turok, Fred Van Lente will take the reins of the Magnus series and Frank Barbiere will handle Solar.

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Je me fous totalement de Solar et Spektor, mais Van Lente sur Magnus, ça me parle, et toute chose avec un indien et des dinos surexcite le gamin de 10 ans au fond de moi. Ainsi donc, sur ma liste depuis quelques temps, le premier numéro du Turok nouveau est arrivé en février, et presque un mois plus tard au jour près, je viens de le lire.




Sans surprise, c'est l'artwork promo de l'automne dernier qui sert de cover. L'intention est louable, remarquez, puisqu'il reprend celui du #1 de Valiant de 1993 (qu'avait déjà repris le jeu de 2008). Le problème, c'est que ce visuel vend de l'action, des dinosaures, et le Turok qu'on connait, rajeunit, mais qu'on n'a évidemment entre les mains qu'un épisode 1 d'introduction. Du coup, on se retrouve à lire vingt pages à vrai dire assez plates, qui posent ce nouvel avatar de l'indien tueur de lézards comme un ado torturé borderline bieeeen moderne et cliché, dont les parents sont morts et qui vit en marge, rejeté par les siens. Banal et ennuyeuse, cette trop longue exposition permet toutefois d'apprécier une réinvention plutôt intéressante d'Andar, de neveu servant d'apprenti en un jeune bully probablement plus vieux que Turok. Le noeud de ce numéro s'avère être une tentative de Turok pour buter purement et simplement Andar et sa bande. Il y arrive plus ou moins, mais d'une manière à laquelle il ne s'attendait pas : dino attack !
Dans les dernières pages, on entre ainsi enfin dans le vif d'un sujet fort intrigant : nous sommes en 1200 et des brouettes, les croisés viennent de débarquer au nom du Roi Jean d'Angleterre, et ils ont avec eux des dinos en cages. Ouaip.

Greg Pak est coutumier du renversement d'origines et du secouage de personnages archi connu. La gailliard a quand même transformé Hulk en figure Conano-JohnCarteriennne des plus délectables. Pas de surprise, donc, à le voir tourner l'origine de Turok sur la tête, sabordant au passage le trop classique "gentils indiens attaqués par des cowboys" pour nous la jouer Troisième Croisade. Et ces dinos en cage, marqués d'une croix, me font trépigner.

En annonçant Turok, Dynamite avait également fait une promo rapide pour son futur Doc Savage. Sorti un mois avant l'indien, l'Homme de Bronze s'avérait être en tout point conforme à son modèle et quelque peu ennuyeux, quoique la sève pulp fut bien présente. Turok, lui, a tellement d'origines différentes qu'il eut été bien compliqué de la jouer classique. Greg Pak l'a fait et, en trois pages de fin d'épisode, défait.
J'ai pas lu l'épisode 2 de Doc Savage, mais j'attends celui de Turok avec impatience. Surtout que le trait de Mirko Colak, sans réellement présenter quoi que ce soit de notable, est des plus agréables.

dimanche 5 mai 2013

Blog this, pal ! 100 things I love about comics

Avant toute chose, sachez que si l'on a tendance à se limiter aux super-héros lorsqu'on en parle, le terme comics comprend toute bande dessinée, quelle que soit son origine, style et sujet, et pas seulement les machins avec des gens en spandex fushia qui lancent du feu par les oreilles. Ce point éclairci, citons donc, dans le désordre, cent trucs que j'aime à propos des bandes dessinées. Notez toutefois que je parle quand même beaucoup de bédés made in USA.

1.  TurokTurokTurok et Turok.
2. Des cases et des cases et des cases sur des pages et des pages et des pages de dessins
3. Lucky Luke
4. Hergé, Osamu Tezuka et Walt Disney
5. Planetary
6. Le Valiant Comics de Jim Shooter
7. La continuité. J'adore lire les aventures de personnages qui ont des décennies d'histoire(s) derrière eux. Rattraper vingt ans de parutions en trois jours de lectures compulsives, c'est un de mes grands plaisirs bédéphiles.
8. Super Picsou Géant
9. "SHAZAM !"
10. The Phantom, que je lis religieusement chaque jour depuis des années
11. Etre émerveillé par des trésors de storytelling et le dynamisme d'une page
12. On ne peut pas remanger cette succulente tarte aux pommes ou reboire son chocolat chaud, mais on peut relire une bédé.
13. Conan par Roy Thomas et John Buscema
14. Warren Ellis
15. Etre chauve, nu, pailleté et quand même péter la classe debout sur un surf
16. Buck Danny, Dan Cooper, Biggles et plein de bédés avec des n'avions
17. Kamandi, La Planète des Singes selon Jack Kirby
18. Les polars d'Ed Brubaker
19. Etre pris d'une frénésie achetative à la sortie d'une nouvelle série
20. Les reboots et adaptations de héros pulp (The Shadow par Howard Chaykin chez DC, le Spider du futur de Tim Truman, les éditions Moonstone, First Wave, les expérimentations de Dynamite...)
21. JLA/Avengers, "an event thirty years in the making," prétexte gamin et regressif à un festival de splash pages complètement folles de George Perez.
22. L'absence de symbole sur la poitrine de Power Girl
23. Usagi Yojimbo
24. Moins cher que la drogue et tout aussi efficace
25. M'croyez pas ? Lisez Swamp Thing, pour rire
26. Le Tarzan de Joe Kubert
27. Lire Judge Dredd avec la voix de Stallone
28. Jim Steranko et le Pop-Art
29. L'autre Captain Marvel. Et l'autre. Et l'autre.
30. Francesco Francavilla
31. Classics Illustrated, ou quand les grands noms du comic-book adaptent Dumas, Poe, Melville, Doyle, Hugo, Wells, Homère...
32. Les cinq premières pages de New X-Men #138
33. Les covers collector à thème (des singes, des zombies, des x-babies...)
34. The Spirit, le Citizen Kane des comics
35. EC Comics circa 1950-53, le Shining des comics
36. Les origines rétroactives. Les Invaders, par exemple, ou "comment rendre à une batterie de personnages épars et/ou oubliés dans l'histoire la gloire qu'ils n'ont jamais eu."
37. Leiji Matsumoto
38. Spider-Man 2099
39. Le beaucoup trop rare Marcelo Frusin.
40. Stan Lee. C'est un peu l'oncle bizarre de la famille, celui qui prétend voyager partout et raconte des histoires délirantes auxquelles personne ne croit en faisant de grands gestes désordonnés. Vous avez un oncle comme ça, ne mentez pas.
41. Paperinik, alias Fantomiald par chez nous. Un super-héros au pays des canards, inventé par... des italiens.
42. La batterie de héros western overkitschs qui traînent chez Marvel et DC
43. Axa et les délires post-apo sexy des 70's
44. Planet Hulk, quand John Carter se met au vert.
45. "I say thee NAY!"
46. Les citations hors-contexte
47. Jean Giraud, Gir et Moebius.
48. Lire un magazine de cent pages et quatre histoires pour 24FF (3.65€) quand les 'ricains payent 3$ pour vingt-cinq pages dont dix de pub...
49. Savage Sword of Conan2000AD, Metal HurlantVampirellaEerieCreepy, Fantastik, Ere comprimée et une demi-douzaine d'autres magazines pour adultes des 70's.
50. Trop de tarzanides pour que je prenne la peine de les lister (Sheena, Akim, Ka-Zar,...)
51. Marvel 'Nuff Said et son expérimentation muette
52. John Constantine
53. The Immortal Iron Fist de Brubaker et Aja
54. JLA & JSA: Virtue and Vice, ce que les lecteurs de comics avaient de plus proche d'un megablockbuster hollywoodien avant les megablockbusters hollywoodien (c'est un peu écrit par David S. Goyer).
55. Angel Medina sur Spider-Man
56. Les daily strips d'une case/ligne/page
57. Quand Red Sonya devient Red Sonja
58. Rahan, fils des âges farouches
59. L'ère xénozoïque
60. "To me, my X-Men !"
61. Les Defenders
62. Les univers étendus Aliens et Predator, et le clash au milieu.
63. Anything Ghost Rider.
64. Calvin and Hobbes
65. Alix et Jhen, de Jacques Martin
66. Les deux-cent cinquante-sept séries qui naissent du ping pong éditorial sur certains personnages (Zorro, Tarzan, les multiples licences de King Features...)
67. Fin Fang Foom. Sérieusement. Un dragon géant en calbute violet, what's not to like ?
68. Les intégrales gargantuesques et le format omnibus
69. Jijé, le papa de la bédé belge moderne.
70. Le pop culture brew et le jeu des références
71. Lire en mangeant des biscuits
72."LOOK ! Naked Belgians !" -Spider-Man dans The Amazing Spider-Man Dark Reign: The List
73. Les Quatre Fantastiques
74. Carlos Pacheco sur Les Quatre Fantastiques
75. Mike Wieringo sur Les Quatre Fantastiques
76. La Maison des Secrets
77. Le rapport poids/utilité : si c'est nul, ça peut toujours servir à allumer un barbecue
78. Imaginer Rogue prononcer "sugah." ...Man, dat accent.
79. Phoebe and her Unicorn, le Calvin and Hobbes du XXIème siècle, avec une vraie licorne
80. Nextwave
81. CrossGen Comics. Une idée éditoriale délirante : contrairement à la méthode habituelle qui veut qu'un artiste bosse chez lui et envoie ses textes ou ses planches par la poste, éditeurs, scénaristes, dessinateurs, encreurs et coloristes étaient ici réunis dans les même bureaux, comme pour un journal. En résulte un des univers partagé les plus travaillés de l'histoire des comics, une brochette hallucinante de gros noms alliant anciennes gloires, auteurs à la mode et étoiles montantes (et aussi les prémices d'idées du futur comme les comics en ligne), mais aussi et surtout un cauchemar financier qui s'effondra après cinq petites années, laissant d'excellents titres inachevés.
82."In order for the universe to live, *insert name here* must die !"
83. Quand Prince Valiant rencontre Flash Gordon
84. Cette case.
85. Les posters géants en cinq parties à détacher TRES soigneusement
86. "Cut meself shavin" -Jonah Hex
87. Les Pionniers de l'Espérance. Flash Gordon à la française. Je n'ai jamais été en mesure de le vérifier, mais y paraît que c'est la première BD de SF communiste.
88. Lire des blogs de et sur la bédé
89. Des concepts étranges et qui marchent on ne sait comment, comme Will Eisner qui transforme l'Oncle Sam en vrai perso de bédé (avec aujourd'hui une longue continuité, voir, par exemple, les Freedom Fighters)
90. Les Marvel Digest du milieu des années 2000. Pas cher et ça tient dans la poche.
91."Choose your own xmas," la "bédé dont vous êtes le héros" selon Judge Dredd dans 2000AD prog 2012
92. Strange. Le magazine, pas le Docteur
93. Les Runaways de Marvel
94. The Warlord. Pelucidar à la mode DC
95. L'histoire de France en Bandes Dessinées. Un périodique qui porte décidément bien son nom. Une idée farfelue pleine d'images d'Epinal et dont la portée éducative est discutable, mais néanmoins passionnante.
96. Michel Vaillant
97. La cover d'Excalibur #16
98. L'Escadron Supreme
99. En fait, si, le Docteur Strange aussi
100. Last, but certainly not least, Tintin et Blake et Mortimer. Le pulp bruxellois.